Aujourd'hui, en entreprise, le déploiement d'un projet stratégique sur deux échoue par manque d'engagement des collaborateurs. Les entreprises ont de plus en plus de difficultés, en matière de communication interne, à attirer l’attention de leurs collaborateurs et à les mobiliser sur leurs projets : projet d'entreprise, stratégie RSE, politique handicap ou même satisfaction et expérience client.
"On peut en savoir plus sur quelqu'un en une heure de jeu, qu'en une année de conversation". - Platon
C’est tout l'intérêt et la puissance des mécaniques de jeu.
CiviTime développe des mécaniques de jeu pour engager les collaborateurs en entreprise sur les différents projets stratégiques que porte la société. Nous accompagnons nos clients pour acculturer les salariés sur une démarche RSE, un projet d'entreprise, une politique handicap et d’autres sujets stratégiques.
On entend de plus en plus parler de la gamification.
C’est l'application des mécaniques de jeu (l'attribution de points, la compétition avec d'autres personnes, ...) transposée sur un autre domaine d'activité non ludique comme le travail, pour créer et encourager l'engagement des utilisateurs. La gamification est présente partout dans notre quotidien. Par exemple, sur un profil LinkedIn, lors de l’inscription, on peut voir apparaître une barre de complétion qui montre à quel point notre profil est complet, avec différents niveaux : de débutant à expert absolu. Le fait d'avoir une jauge de progression va susciter l’envie des utilisateurs à la compléter : c'est de la gamification.
Autre exemple, avec Waze, qui est une application mobile d'aide à la conduite et d'assistance de navigation. Dans l’application Waze, il y a un avatar, qui va avoir des statuts différents en fonction des kilomètres parcourus. Ça, c'est aussi une mécanique de gamification qui incite les gens à utiliser l'application.
L'objectif de la gamification, c'est d'inciter les utilisateurs et de les amener à réaliser des actions. Cette gamification associée à la motivation, forme un levier très puissant pour booster l’engagement.
On distingue deux types de motivations :
C'est le fait de réaliser une action, non pas par plaisir de la réaliser, mais uniquement par la récompense et par le résultat obtenu en réalisant cette action (c'est le principe de la carotte).
Pour illustrer la motivation extrinsèque, on parle aussi souvent d'effet nudge - Richard Thaleret.
L'effet nudge, c'est une théorie de sciences comportementales qui s’appuie sur un principe simple : l’homo-oeconomicus, homme qui maîtrise ses choix en toutes circonstances grâce à sa rationalité, n’existe pas. Il serait, au contraire, profondément influencé dans ses choix par son environnement extérieur. Selon cette conception, il est donc possible d’inciter les personnes à opter pour un choix plutôt qu’un autre, dans le but d’améliorer leurs comportements.
Exemple d’effet nudge, proche de la RSE : en 2009, Volksvagen a réalisé quatre expériences nommées "The Theory of Fun" en Suède :
Pour la première expérience, Volksvagen a transformé les escaliers d’un métro en piano, avec des marches blanches et noires : en sautant de marches en marches, le voyageur pouvait donc créer son propre morceau de musique. Résultat : le nombre de personnes qui renonça à l’escalator pour l’escalier a augmenté de 66 %.
Pour la seconde expérience, Volksvagen a installé une poubelle d’apparence ordinaire dans un parc public, mais celle-ci comportait un trucage invisible : la poubelle était extrêmement profonde. Alors, lorsqu’un déchet y était jeté, le son de la chute était long, et un puissant bruit d’impact retentissait peu après. Résultat : les promeneurs étant intrigués, certains passants ramassaient même les déchets du parc pour pouvoir les jeter à la poubelle, et au cours de la journée d’expérience, le poids des détritus avait plus que doublé.
Une autre expérience a été menée en partenariat avec l’organisme chargé de la sécurité routière en Suède. Un radar pas comme les autres a été installé dans la ville : celui-ci récompensait d’un ticket de loterie les chauffeurs respectant les limitations de vitesse, plutôt que de sanctionner les chauffards. Résultat : au cours des trois jours d’expérience, la vitesse moyenne des voitures a baissé de 22 %.
Le succès de ces expériences est dû au principe de gamification : elles utilisent trois mécaniques de jeu qui expliquent la forte implication des participants aux différentes situations :
LE FEEDBACK (ou“rétroaction”) : le son produit par l’escalier et la poubelle
LE CHALLENGE : monter les marches du métro en rythme pour produire un joli son de musique
LA RÉCOMPENSE : le billet de loterie
La motivation intrinsèque consiste à réaliser une action parce qu’on prend du plaisir à le faire.
Exemple : un groupe d’amis pratique la course à pied. Ils ont pris pour habitude de se donner rendez-vous pour aller courir ensemble tous les samedis matin. Un jour, l’un des membres du groupe soumet l’idée de participer au marathon de Paris. Suite à cette proposition, on peut distinguer plusieurs types de profils en fonction des réponses :
1er profil : accepter sans hésitation parce que ça va lui permettre de passer plus de temps avec ses amis par le biais ce défi.
2e profil : être intéressé parce qu’il y a un objectif, et il faudra s'entraîner pour atteindre cet objectif.
3e profil : être intéressé de participer parce qu’il pourra découvrir un nouvel événement, une nouvelle expérience.
4e profil : accepter pour ne pas vouloir se décourager devant ses amis.
On peut retrouver ces différents profils de joueurs en entreprise lorsque l’on met en place de la gamification. L’objectif est d’être capable de s’adresser à ces différents types de joueurs. On distingue d’abord 4 grandes catégories de joueurs :
Personne n’est ancré dans un seul type de profil : chacun a une dominante, une tendance, mais nous sommes tous un mélange de plusieurs profils. Un jeu bien fait doit alors être capable de s’adresser à tous ces profils de joueurs.
Le jeu dispose d’un immense pouvoir pour retenir l’attention. Dans le monde du travail, la gamification apparaît aujourd’hui comme un moyen innovant pour engager ses collaborateurs, les rendre plus attentifs et plus réceptifs aux éléments de la vie en entreprise. La gamification favorise ainsi la participation, la performance, l’engagement, la motivation et la fidélisation des employés.
À l’heure où 90 % des Français sont désengagés dans leur travail, selon une étude IPSOS, la RSE constitue un levier puissant pour mobiliser les collaborateurs, le principe de la gamification s’apparente être une solution plus que pertinente.
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