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Tech For Good : allier Impact et Engagements RSE

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Tech For Good : allier Impact et Engagements RSE

Construire une tech plus engagée et responsable : le retour d'expérience de Charlotte Lambert - Dataiku et Émilie Baliozian - BlaBlaCar

Le May 24, 2023

Tech For Good : allier Impact et Engagements RSE

LA semaine de conférences dédiée à la RSE et à l'impact : CONVERSER (du 22 au 26 mai 2023).

La quatrième conférence, était en compagnie d'Émilie Baliozian, Responsable RSE chez BlaBlaCar, Charlotte Lambert, Coordinatrice de projet RSE au sein de Dataiku et Anthony Mollé, CEO de Civitime pour découvrir et avoir les retours d'expérience dans leurs entreprises qui mettent la tech et l’innovation au service de la société.

Introduction

Il existe 3 types de valeurs créées par les entreprises, le premier c'est le volet économique : Combien d'argent va générer mon entreprise ? Ensuite on a la valeur économique perçue par les parties prenantes internes et externes et enfin, la valeur sociétale qui est représentée à travers l'entreprise. Ces éléments reflètent les enjeux actuels au sein des entreprises sur la sobriété et la performance.

Et lorsqu'on associe performance technique et économique pour créer un impact positif sur la société et l'environnement on parle de Tech For Good.

3 types de valeur créé par les entreprises

C'est un véritable mouvement de fond, on peut le voir au travers de Tech For Good France et Mouvement Impact France qui regroupent des entrepreneurs à forts engagements, qui développent des solutions tech et digitales pour accélérer la transition vers une société plus durable et responsable.

1 · Tech For Good, enjeux RSE et Impact ?

Charlotte Lambert :

"Je pense que l'utilisation de la technologie pour accélérer la transition vers une société plus durable, plus responsable permet de toucher à plusieurs sujets. Ce que je trouve intéressant de mettre en avant lorsque l'on parle de Tech For Good et comment on la définit, c'est de connaitre à quel point c'est intégré à l'intérieur du modèle économique de l'entreprise. Par exemple j'avais lu un rapport que France Digital avait fait sur les entreprises Impact by Design vs les entreprises traditionnelles et ça permet de définir le cursus jusqu'où on intègre en fait l'impact à l'intérieur de son de son modèle économique.

Mais après, il y a une autre façon aussi de pouvoir l'intégrer de l'Impact sans toucher au modèle d'affaires qui consiste à utiliser le produit de l'entreprise pour aider les communautés. Nous, par exemple, chez Dataiku c'est d'utiliser notre produit qui est une plateforme d'intelligence artificielle pour pouvoir aider les communautés qui vont être en fait les nonprofits organisations (NPO), pour les aider sur un sujet précis. Donc, il y a plein de définitions, je trouve qui se recoupent, mais pour moi, la vraie, c'est vraiment à quel point on l'intègre à l'intérieur du modèle économique de son entreprise."

Émilie Baliozian :

Peut-être que je peux commencer par une anecdote, notre fondateur Frédéric Mazela, voulais rentrer chez lui le soir de Noël, mais tous les trains étaient remplis, il ne pouvait pas acheter un billet de train et il avait demandé à sa soeur de venir le chercher depuis Rennes, destination Paris et ensuite retourner à Rennes. Donc elle a fini par accepter, ils étaient sur l'autoroute et ils voyaient d'un côté les trains passer, ils étaient bondés, et de l'autre côté, ils voyaient toutes les voitures sur la route avec une seule personne : le conducteur ou la conductrice.

Il se dit mais que c'est absolument absurde et c'est un usage vraiment irrationnel des ressources. Donc c'est là où a commencé sa lutte contre l'auto-solisme en 2006. Impact by Design représente pour moi la RSE comme motivation première de la création de Blablacar. Et ce qui est intéressant, c'est qu'on a fini par avoir, de manière inhérente encore une fois, un impact social, environnemental et économique par nature. C'est assez exceptionnel et unique au modèle de Blablacar parce que plus il grandit plus le covoiturage se développe et plus il y a de la confiance et de l'entraide à grande échelle, des économies de CO2, des économies de frais de voyage et de l'accès à la mobilité.

L'impact, c'est non seulement dans l'ADN et d'autre part, c'est vraiment faire le travail de l'intégrer consciemment dans l'ADN, la vision et la mission de l'entreprise pour que ce soit incarné par la direction, incarné par toutes les parties prenantes et surtout les talents qui rejoignent l'entreprise pour son impact."

Qu'est-ce que la Tech vient apporter à vos services aujourd'hui ?

Anthony Mollé :

"Effectivement, quand on parle de la définition de notre business chez Civitime, aujourd'hui c'est d'aider les entreprises à engager leurs collaborateurs et si je retourne 5 ans en arrière, pour observer comment les entreprises faisaient essentiellement pour engager plutôt sur le volet environnemental car les sujets sociaux, sociétaux étaient un peu moins présents à l'époque enfin, la plupart des entreprises mettaient des affiches dans les toilettes en disant d'éteindre la lumière.

Ces actions avaient un impact forcément limité et surtout il n'était pas mesurable, donc ce que le besoin auquel on répond pour les entreprises, c'est d'engager leurs salariés, leur faire comprendre les enjeux et les faire adhérer à ce que l'entreprise met en place pour lui donner envie de mettre en place des choses dans son métier. Et cette force de la solution technique, c'est d'avoir cette capacité de mesurer le niveau d'engagement des collaborateurs, de mesurer où se situent les collaborateurs sur leur niveau de connaissance et d'être capable d'adapter le discours et les programmes d'embarquement qu'on va leur proposer. Au sein des collaborateurs le niveau de sensibilisation et d'engagement sur cette thématique de la RSE n'est pas du tout homogène. Il y a des personnes qui sont déjà très engagées, d'autres qui n'ont jamais entendu parler des gaz à effet de serre, donc ensuite comment on fait pour adapter dialogue. À partir de ce constat, on est en capacité d'élaborer un plan d'action avec des prises de mesure récurrente pour avoir des actions ciblées sur les personnes qu'on veut embarquer."

Existe-t-il un effet rebond à la Tech for Good ? Comment celui-ci est perçu ?

Émilie Baliozian :

"En effet, il existe un effet rebond chez Blablacar et c'est l'enjeu de créer de nouveaux services digitaux qui ne tend pas vers la surconsommation ou un mauvais usage qui conduirait à un impact négatif sur l'environnement et la société.

Quand on a commencé à travailler sur notre bilan carbone, certains trajets sans Blablacar n'auraient peut-être jamais eu lieu. Et donc c'est là, où le sujet entre impact positif et enfin l'impact global est discutable. Avec Blablacar, cette part de trajets créée uniquement par l'existence de l'application représente seulement un petit pourcentage de personnes. C'est une minorité de personnes qui, à travers un sondage qu'on envoie pour mesurer nos notre empreinte carbone qui aurait renoncée au trajet mais lorsqu'on calcule ensuite nos émissions évitées, on prend en compte l'alternative modale et dans nos résultats ce qui ressort majoritairement c'est une alternative aurait été plus carbonées sans l'application.

Mais il y a aussi des situations qui auraient été moins carbonées comme le train ou comme un renoncement total au trajet pour des cas minoritaires et donc ce chiffre prend en compte la balance entre ces deux scénarios avec Blablacar et sans Blablacar et on se retrouve quand même avec un poids de 5 millions de tonnes de CO2 évitées.

On peut vraiment aussi forcer le trait est et trouver des effets rebonds partout. Pour moi, ce qui est vraiment important, c'est ce chiffre-là et essayer de se dire que pour la majorité des cas, on est vraiment en train de retirer des voitures sur la route parce que ses effets rebonds existeront toujours."

Anthony Mollé :

"Effectivement l'aspect numérique responsable est un vrai sujet dans nos métiers. On a passé la certification B Corp l'année dernière, nous sommes une vingtaine de collaborateurs dans des bureaux, nous faisons très peu de déplacements pro donc on utilise très peu la voiture. On pourrait se dire que notre bilan carbone est très faible mais en fait effectivement le numérique responsable représente une grosse part de pollution. La consommation de notre solution digitale est à mesurer et surveiller.

Aujourd'hui, le numérique, c'est à peu près 4 % des émissions de gaz à effet de serre et on prévoit des émissions doublées d'ici 10 ans. Ça nécessite la prise en considération de plein de choses. On a changé complètement les techniques utilisées exemple, initialement, on avait des produits qui étaient conçu pour immerger les utilisateurs dans des environnements 3D, sauf que durant la certification B Corp, on a utilisé des outils qui permettent de mesurer l'impact. Et on s'est rendu compte que faire tourner un jeu en 3D en termes de data et de consommation de bande passante pour les serveurs, c'est extrêmement énergivore. Donc on a changé complètement nos produits notamment les techniques utilisées pour les concevoir. Et la vraie question, c'est à quel point est ce que je suis prêt à faire ce changement au détriment ou non de l'expérience utilisateur. Et c'est là où il y a des choix et des partis sur le numérique responsable. Il y a aussi une question d'accessibilité pour les personnes en situation de handicap, quel qu'il soit, c'est un vrai enjeu pour le sujet du numérique."

2 · Cas concrets et témoignages

Charlotte Lambert :

"Nous c'est sur l'intelligence artificielle responsable, un modèle d'intelligence artificielle à part si le client nous partage les données qui sont liées justement à son centre de données, il a un calcul et une mesure à faire sur ces enjeux. Chez Dataiku on mesure notre emprunte carbone SCOP 1, 2 et 3 et tout l'enjeu est de calculer l'emprunte qui s'appelle Use of Good Sword, pour savoir comment le client va utiliser notre produit et quelle est l'emprunte carbone de cette utilisation. Aujourd'hui il n'y a pas de méthodologie qui s'applique à toutes les entreprises car chaque activité à des indicateurs différents, mais il est nécessaire de trouver son système pour mesurer ses émissions de CO2.

Il y a 3 programmes qu'on a mis en place pour faire avancer notre stratégie RSE :

  • Ikigai : l'initiative qui permet aux NPO de travailler sur des uses cases en intelligence artificielle, donc ils vont pouvoir utiliser notre software de manière gratuite et pouvoir être accompagnés par nos équipes pour les aider sur leurs uses cases. Par exemple, nous l'avons mis en place pour One Cure Found, qui est une ONG agricole qui aident les familles d'agriculteurs à faire des emprunts et d'accéder à des services de financement, pour que l'entreprise puisse travailler sur ce sujet.
  • En interne on a aussi le programme qui permet à tout employé de prendre jusqu'à 15 jours par an de Ikigai day's où il va pouvoir travailler sur ces sujets.
  • On a aussi lancé un programme un climate ambassader program qui représente un sujet d'engagement sur le climat et environnement. On a une donc en un 2022 un trentaine d'ambassadeurs dans toutes les régions pour essayer de vraiment pousser notre feuille de route et pour avancer sur l'ambition de climat de Dataiku. On a organisé une fresque du climat des ambassadeurs, dans plus de 400 participants et donc ça permet vraiment de travailler sur pleins de sujets. Ici, je pense que la montée en compétences et l'éducation sont importants.
  • On a des ERG aux Etats Unis, c'est quelque chose qui permet vraiment de à chaque collaborateur de participer aux initiatives en fonction de cinq différentes ERG pour essayer d'augmenter la diversité et l'inclusion."

Comment trouver des ambassadeurs en s'adaptant à la maturité du sujet qui n'est pas uniformisée à l'échelle internationale ?

Charlotte Lambert :

"Effectivement, c'est un vrai sujet la différence de maturité et d'éducation sur le l'environnement, le sociétales selon les pays. Par exemple, aux Etats Unis, c'est plus un sujet sur le côté environnement et climat. Pour la petite anecdote, quand je suis arrivée chez Dataiku, je voulais vraiment pousser le programme, le régionaliser pour pouvoir justement mieux avancer sur ces aspects et de pouvoir adapter la transformation. Et donc j'ai trouvé un point de contact avec une ambassadeur qui est formidable, qui est basée au Canada. Elle s'occupe de la task-force, ambassadrice programme et en février, on a organisé la première fresque du climat à New York et on est en train de former la première facilitatrice au bureau de New York pour avancer sur ces sujets. Je pense vraiment qu'un programme comme ça, il faut le régionaliser pour pouvoir laisser la main aux personnes qui travaillent sur place, parce que chaque réalité est très différente d'une population à l'autre. Aux Etats Unis par rapport à la France, on a un vrai fossé sur l'avancement en matière de RSE et je pense que c'est dû notamment à la réglementation."

Émilie Baliozian :

"Pour nous ce qui se passe, c'est qu'on a le siège est en France, l'équipe centrale est à Paris et ensuite on a des bureaux dans 5 autres pays donc, on construit une stratégie et on engage les différentes équipes, et on a remarqué qu'il y a des personnes qui ont une vraie passion pour ce sujet et c'est extrêmement important pour nous en interne d'activer ces personnes là et de trouver des alliés en quelque sorte, dans différentes équipes qui peuvent apporter leur propre expertise.

La fonction RSE est quand même assez généraliste et demande pas mal de compétences différentes donc c'est important d'être dans une démarche de co-construction dès le début. De la co-construction à l'international, par exemple, l'année dernière, on a développé un guide de communication inclusive pour nos communications internes et externes et on se rend compte que chaque marché a sa propre sensibilité au sujet. Face à ces schémas culturels différents, se pose la question du point médian qui a été a été assez clivant. Là où par exemple en France, c'est un sujet politique, nos membres sont assez jeunes et donc assez réceptifs à ce genre de communication inclusive, tandis que dans un autre pays, il y a peut-être, une connaissance beaucoup plus faible de ces sujets là où une sensibilité moins importante.

C'est pour cette raison qu'on a décidé d'adapter notre communication auprès des différents marchés pour avoir une approche singulière et ensuite faire des petits ajustements dans chaque pays. Dans notre approche, pour l'écriture inclusive en particulier, on a par exemple on fait affaire à différents types de communication. On a nos communications avec nos membres qui par rapport par rapport à la relation client, on a nos communications marketing, nos communications dans le produit. On a plein de types de communication différents et pour et donc on a du même adapter notre communication par rapport à ses différents canaux.

Typiquement pour les relations clients. Nos équipes utilisent le point, le point médian ou en tout cas, disent par exemple conducteurs et conductrices. Mais dans le produit, il n'y a pas la place de mettre conducteurs et conductrices à chaque fois. Il y a un nombre très limité de caractères. Et donc c'est ce genre de complexité en quelque sorte, qu'on ajoute, mais qui est importante et qui montre à quel point il faut chercher à comprendre son audience."

Anthony Mollé :

"L'aboutissement de la sensibilisation auprès d'un collaborateur c'est que lui-même dans son métier, dans son quotidien vienne proposer de mettre en place des actions pour rendre son métier plus responsable et réduire son impact. Pour réussir, il faut amener de la pédagogie derrière c'est-à-dire que, de manière générale, l'être humain ne peut pas s'engager dans des initiatives, s'il n'a pas le sentiment d'en maîtriser le contenu et c'est là où l'aspect pédagogie et sensibilisation est crucial, parce qu'à la fois ça va donner cette maîtrise et également favoriser l'envie la mise en place d'actions.

Pour les collaborateurs il est essentiel que la conduite du changement soit bien amenée et donc il faut qu'il y ait toujours cette explication de pourquoi on fait ce changement qui est nécessaire pour pouvoir aligner le collaborateur avec l'entreprise. Ensuite, on va expliquer ce que l'entreprise met en place pour clairement pour s'engager on va travailler cet l'alignement. Et c'est une fois que cet alignement et fait qu'on peut amener le collaborateur à proposer des actions à mettre en place.

Chez Civitime, on accompagne beaucoup de clients à l'international ou et puis en français à l'international, qui a des ambitions et des engagements qui sont forts. Je pense par exemple à L'Oréal qu'on a accompagné sur ces sujets-là. L'Oréal a besoin d'embarquer tout le monde, sauf que sensibiliser sur la gestion des déchets un collaborateur qui habite en banlieue parisienne versus un collaborateur qui habite au fin fond de l'Inde il y a une adaptation du discours et c'est là la complexité. Et je rejoins Charlotte, s'appuyer sur des ambassadeurs qui vont être capables de retranscrire une politique globale sur un contexte local est juste crucial."

Le mot de la fin

Charlotte Lambert :

"Je pense qu'effectivement cette notion de régionalisation et de compréhension de l'interlocuteur que l'on va avoir en face est incontournable pour réussir à engager ses collaborateurs à l'international. Avoir beaucoup d'empathie et de tout simplement essayer de comprendre à qui on parle pour pouvoir lui parler dans la même langue. Du coup, il faut aussi adapter notre discours pour influencer d'une meilleure manière.

Anthony Mollé :

"Toutes les entreprises ne peuvent pas être impact by design, par contre, toutes les entreprises développent des expertises, des compétences, potentiellement des outils, comme c'est le cas de Dataiku, qui peuvent servir à l'impact auprès d'organisations comme les ONG, par exemple. Je trouve que c'est une bonne manière d'avoir de l'impact si on ne peut pas encore révolutionner le business model de sa boîte."

Émilie Baliozian :

"Même si une entreprise elle fait du bien autour d'elle, ça ne veut pas dire qu'elle ne fait pas du mal en même temps et que c'est important qu'il y a une vraie démarche et de vrais objectifs chiffrés, notamment pour reprendre l'exemple de l'effet rebond. L'entreprise doit avoir une vraie volonté de mieux faire et de trouver des actions qui ont du sens avec les missions de ses parties prenantes."

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