Moi(s) sans tabac : et si fumer tuait aussi notre planète ?

Moi(s) sans tabac : et si fumer tuait aussi notre planète ?

Petit mais costaud, le mégot de cigarette pollue notre environnement à petit feu : il serait même la principale menace de pollution de nos océans.
À l’occasion du mois sans tabac, revenons sur une autre raison de ne plus fumer : l’impact environnemental colossal de l’industrie du tabac sur l’environnement !

Fumer tue… notre environnement !

Selon une étude de l’International Journal of Environmental Research and Public Health, les mégots représentent 845 000 tonnes de déchets chaque année, soit le poids de plus de 140 000 éléphants ! Il parait inoffensif mais il s’avère en réalité très nocif : le mégot est un fléau environnementalqui met plus d’une dizaine d’années à se décomposer, libérant des matières toxiques dans la nature et dans l’eau.

La première chose qui nous vient à l’esprit en termes de pollution liée à la cigarette, ce sont les mégots jetés par milliardsdans la nature. En France, ce sont entre 30 et 40 milliards de mégots qui sont jetés chaque année – un millier par seconde environ – dont plus de 40% se retrouveraient dans la nature.

Nicotine, chlorure de vinyle, DDT (insecticide)… font partie des quelques 4 000 matières chimiquesrelâchées par chacun des mégots qui échappent aux cendriers chaque année. Selon l’OMS, les émissions de gaz à effet de serre dues au tabac représentent 8,76 millions de tonnes équivalent CO2, soit « près de 3 millions de vols Paris-New York ».

La principale pollution des océans

Les mégots jetés sur la voie publique peuvent s’amasser et obstruer les égouts : s’ils ne finissent pas avalés par les animaux marins, ils finissent leur vie dans les fleuves, rivières et mers qu’ils contribuent à polluer.

On vous le disait dans l’article sur nos 5 actualités environnementales après l’été, un seul et unique mégot peut contaminer jusqu’à 1m3 de neigeou 500 litres d’eau. Pas étonnant que les mégots représentent le polluant le plus néfaste aux océans. À titre d’exemple, 32 millions de mégots de cigaretteont été ramassés sur les plages du monde ces 30 dernières années : et bien souvent, ceux-ci finissent dans les océans. Véritable fléau, le mégot porte un enjeu écologique d’envergure.

Tabac et déforestation : quand les forêts partent en fumée

Fumer a également des conséquences indirectes sur l’environnement : la culture du tabac nécessite des milliers d‘hectares de terres, ce qui fait de cette industrie une des principales causes de déforestations, notamment dans certains pays comme le Malawi. Selon une étude menée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), si les terres utilisées par la culture du tabac étaient destinées à l’agriculture, c’est 10 à 20 millions de personnes supplémentaires qui pourraient être nourries.

Toujours selon cette étude de l’OMS, 200 000 hectares de forêts seraient détruites chaque année pour la production de tabac. Mais il faut aussi ajouter à ces 200 000 hectares les quantités considérables de bois nécessaires pour le séchage du tabac : le séchage à l’air chaud nécessite environ 20 kg de bois pour sécher 1 kg de tabac (et tout ça, sans compter la fabrication des paquets de cigarettes, du papier et du filtre).

Le tabac est aussi la 6ème ressource agricole la plus gourmande en pesticides. Le tabac est une plante capricieuse, qui ne pousse pas facilement : elle nécessite 6 fois plus de potassium qu’une céréale comme le blé pour pousser. Elle vide donc très rapidement les qualités organoleptiques des sols et nécessite donc une grande quantité de pesticides, d’engrais et des produits chimiques pour pousser.

Enfin, la production de tabac a aussi des conséquences sociales non négligeables : les producteurs de tabac vivent souvent en-dessous du seuil de pauvreté, et souffrent de problèmes de santé liés à l’utilisation de pesticides et désherbants en grande quantité.

Des solutions de recyclage

En France, des initiatives se développent pour tenter de recycler ces quelques milliards de mégots déversés dans la nature chaque jour. Du fait de leurs nombreux composants toxiques, les mégots doivent d’abord être dépollués avant d’être valorisés. C’est ce que proposent de plus en plus d’entreprises comme Cy-Clope, MéGo, ou encore ÉcoMégot.

C’est le cas de la start-up MéGo, qui affiche déjà 4 tonnes de mégots recyclés, soit 10 millions d’unités, grâce à un processus inédit : les mégots sont d’abord broyés pour séparer les cendres, le filtre et les résidus de tabac, et sont ensuite transformés en plaques d’acétate de cellulose que l’entreprise utilise pour la fabrication de mobilier.

De même, Cy-Clope et EcoMégo proposent une solution de collecte des cendriers installés, de sensibilisation et de valorisation des mégots et de leurs composants.

Enfin, GreenMinded propose une manière ludique via des mécanismes de jeu pour inciter les fumeurs à jeter leurs cigarettes dans les cendriers : sur ceux-ci, une question, et deux réponses correspondant chacune à un bac. Il suffit alors de déposer son mégot dans le bac correspondant à son choix pour voter ! Une méthode engageante, simple, et qui donne envie de faire sa bonne action du jour !

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